Jacques Cheminade, l’homme qui avait prédit la crise financière

6102016

Voici Jacques Cheminade lors de l’élection présidentielle de 1995.

Le candidat, souvent qualifié à tord de farfelu par les médias, avait prédit la crise financière. Voici un exemple de ce qu’il déclarait à l’époque, le plus souvent face à des journalistes peu conciliants.

 

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Découvrez la mission pour la Sicence et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis

5102016

Connaissez-vous la :

Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France aux Etats-Unis

Office for Science & Technology at the Embassy of France in the United States

 

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Création de la « Société Française de la Science Nucléaire dans la Matière Condensée »

12032015

Science Positive a le plaisir de vous annoncer la création de la « Société Française de la Science Nucléaire dans la Matière Condensée ».

Cette association, régie par la loi de 1901, a pour objectif de promouvoir la Fusion Froide en France. Elle est affiliée à l’ « International Society of Condensed Matter Nuclear Science ».

En allant sur le site, vous pourrez également vous inscrire à un groupe de discussion en français ce qui constitue une grande première !

Nous nous associons pleinement à cette initiative.

 

 

Plus d’infos ICI




Carte Blanche à Alain Coetmeur sur « La fusion froide, révolution technologique du 21ème siècle »

17022015

Nous publions aujourd’hui une nouvelle « carte blanche » à Alain Coetmeur. Ce texte est consacré à la Fusion froide, un sujet qui fait couler beaucoup d’encre en restant encore méconnu du grand public et en soulevant bien des à-priori. Alain Coetmeur étudie ces questions depuis de nombreuses années et son article fait un point complet sur la situation et est également porteur d’espoirs.

Bonne lecture à vous !

La Rédaction

____________________

La Fusion Froide, la révolution technologique du 21e siècle

 

Imaginez, ou souvenez-vous…  Deux électro-chimistes de renom, Fleischmann&Pons annoncent lors d’une conférence qu’ils obtiennent plus d’énergie que ce qui devrait, avec parfois des quantités d’énergie au-delà de ce que toute réaction chimique peut produire, laissant comme hypothèse la plus logique qu’il s’agit d’une réaction nucléaire. Ainsi commence une des histoires les plus étonnantes du 20e siècle !

De 1985 à 1989 Martin Fleischmann et Stanley Pons ont mesuré la quantité de chaleur produite par l’électrolyse d’eau lourde avec une cathode de palladium imprégnée de deutérium formant un « hydrure ». L’eau lourde est une eau dont l’hydrogène est l’isotope lourd, stable, mais rare, appelé deutérium. Ces hydrures sont des métaux imprégnés d’isotopes de l’hydrogène, utilisés notamment pour le stockage de l’hydrogène.

La saga est très bien décrite dans le livre « Excess Heat[1] », de Charles Beaudette qui décrit l’histoire, mais aussi la science et l’épistémologie qui sous-tend cette histoire fascinante. Ce livre est très documenté, avec un volume de citation qui lui fait honneur. Eugène Mallove qui était responsable de publication au MIT et a vécu la chasse aux sorcières de l’intérieur a décrit avec moins de recul les premiers mois où tout s’est joué, dans « Fire From ice[2] ».

Actuellement la meilleure synthèse des résultats expérimentaux me semble être « The Science of Low Energy Nuclear Reactions[3] » par Edmund Storms. C’est un des rares auteurs, au côté de Jean-Paul Biberian[4] et Mickael McKubre a avoir presque tout lu sur le sujet. Il est l’auteur de divers articles de synthèse[5][6][7], de guide pour étudiant[8], et même récemment d’une théorie[9] qui séduit mon tempérament conservateur.

En bref, F&P ont choqué les physiciens, et pour aggraver le tout ont fait de grossières erreurs dans les mesures de neutrons. D’un autre côté leur calorimètre était surprenant de précision, loin de ce que les physiciens pouvaient imaginer. Martin Fleischmann était un calorimétricien de classe internationale, retraité, qui avait conçu ici un calorimètre apparemment simplissime, mais en fait très pointu. Charles Beaudette décrit bien les secrets de son calorimètre que George Longchampt, ingénieur de recherche au CEA, a mis 13 mois à reproduire[10] avec les conseils de Fleischmann. Son expérience était une expérience de chimie, mais le drame, Beaudette l’explique bien, a été que les physiciens se sont senti les plus concernés. Or l’électrochimie est bien plus complexe que la physique des accélérateurs, et demande du temps et de l’obstination, comme la biologie ou les semi-conducteurs. Les physiciens, déjà choqués par la remise en cause de leurs habitudes prises avec la fusion chaude, choqués par les erreurs de débutant de F&P en physique ont tenté une réplication de ces expériences en quelques semaines. Le consensus contre la fusion froide, qui ne produisait pas de neutron, peu de tritium, qui était donc impossible selon le modèle de la fusion stellaire, s’est cristallisé définitivement deux mois après l’annonce de F&P. Une parodie de panel scientifique organisé sur le conseil de Seaborg par le DoE a servis de « Commission de la Hache » pour définitivement clore le débat et les budgets.

Les résultats scientifiques solides sont arrivés à partir d’un an, produits par des chimistes, et ont été ignorés. D’autres résultats ont confirmé la réalité mais aussi l’étrangeté du phénomène, et ont été ignorés. C’est là qu’une série de livre insultants, écrits par Gary Taubes, John Huizenga, Robert Parks, Douglas Morrison, remplis d’erreurs, de dogmatisme, d’insinuations, ont été supportés par des grands noms qui comme l’écrit justement Jed Rothwell n’ont jamais pu les lire sans avoir vu des erreurs grossières[11].

Charles Beaudette dans les premiers chapitres de son livre explique bien que seules quatre critiques écrites ont été opposées aux papiers de F&P, réfutées tous les quatre. Les erreurs dans ces papiers sont assez variables. Hansen et Lewis ont imaginé que F&P avaient commis des erreurs de débutants, et ont raté les détails clés fruits de décennies d’expérience. Wilson, le plus compétent, reconnaît ces faits, et au final malgré des corrections mineures concédées par F&P, il confirme malgré lui les quantité de chaleurs massives observées parfois. Douglas Morrison, lui, est un cas plus grave, car son papier, comme son livre et ses élucubrations, manquent de cohérence et il a continué à utiliser des arguments réfutés malgré le fait qu’il les savait faux[12]. Pourtant ces critiques sont méconnues et l’argument essentiel est qu’il n’y a pas d’explication théorique, ce qui implique que les expériences sont nécessairement erronées ou frauduleuses.

Pour relativiser ce fiasco je conseille de lire les travaux éclairant de Roland Benabou sur la pensée de groupe[13]. Les travaux de Thomas Kuhn[14] expliquent aussi les causes profondes de ce refus d’accepter les résultats expérimentaux, faute de socle théorie rassurant. Il n’y a pas lieu à épiloguer, ni à espérer convaincre le moindre opposant, et reprenant un proverbe Navajo je dirais :  « il n’est pas possible de réveiller un homme qui fait semblant de dormir ».

L’acceptation viendra d’un produit commercial, comme l’acceptation des vols publics des frères Wright n’a été possible que quand les militaires français ont acheté leur technologie après une présentation[15].

La bonne nouvelle est que ce moment approche !

Nous vivons une situation étrange où d’un côté les milieux académiques, médiatiques, politiques suivent la vision d’une fusion froide inexistante et symbole des dérives de la mauvaise science, et d’autre part une fusion froide discrètement étudiée dans des agences gouvernementales comme la NASA, l’ENEA, la Navy SPAWAR puis NRL, des laboratoires privés comme le SRI, des laboratoires asiatiques où la fusion froide n’a jamais été rejetée, Toyota, Mitsubishi, Université de Tsinghua ou de Tokyo…

Pendant deux décennies le domaine a enrichi le spectre des expériences, tentant de convaincre ceux qui ne veulent pas être convaincus, et de découvrir les clés de la fiabilité, ou de la théorie.

La récente percée est paradoxalement, ou logiquement, liée sur une variante peu explorée des phénomènes LENR, les réactions entre le nickel et l’hydrogène légère (Ni-H), en phase gazeuse et à haute température. Ces réactions, ce contexte non aqueux, sont biens plus capable d’être utile industriellement, car on a espoir de chauffer de la vapeur et donc à terme faire tourner une turbine.

Vers 2011 Andrea Rossi a commencé à publier des commentaires, des résultats de test, des vidéo, sur son invention : l’E-Catalyzer alias « E-Cat ». Les premières démonstrations et tests publics ont soulevé autant d’enthousiasme que de critiques. Cet inventeur en série a un profil sulfureux : pris dans un scandale environnemental lié a un procédé de production de bio-carburant à base de déchets, blanchi de fraude mais condamné pour ne pas avoir respecté les lois sur les déchets et avoir fait évader de l’argent durant sa faillite, il a été embauché par une entreprise d’innovation dans le domaine de l’énergie et on lui reproche un échec de développement de convertisseur thermo-électrique. Ces accusations sont dans la lignée des insinuations habituelles de mauvaise science, de fraudes, avec le manque de preuve et de logique habituelle, conforté il faut l’admettre par un personnage bien plus controversé que les autres scientifiques de la fusion froide.

Sa saga est bien décrite par le livre d’un journaliste suédois, Mats Lewan, auteur de « An Impossible Invention »[16]. Le personnage est aussi grandiose dans sa volonté, que parfois buté et irresponsable. Au final il n’a rien d’exceptionnel quand on le compare aux grands inventeurs.

L’histoire est devenue enfin plus sérieuse quand un consortium de recherche, « Elforsk[17] », travaillant pour les énergéticiens suédois a décidé de financer des tests (dans les 250k€ par an) de l’E-Cat et a financé tout d’abord un test préliminaire destiné à vérifier que l’E-Cat marchait. Les auteurs du test, 7 physiciens suédois et italiens, ont publié un petit article préliminaire sur Arxiv[18]. Sans surprise des critiques ont fleuri, avec des théories de la conspiration assez habituelles. Elforsk a été satisfait et l’a même publié dans son magazine d’entreprise « Elforsk Perspektiv[19] ». Les tests se sont poursuivis avec un test de 6 mois, totalement indépendants, dans leurs locaux sans l’inventeur. Ce test est terminé et le rapport est en cours de relecture par les pairs[20] afin d’être publié selon des standards scientifiques crédibles. Je n’ose imaginer que des scientifiques mettent des mois pour faire valider un rapport négatif. Qu’il soit décevant, ou enthousiasmant, ce rapport est scientifiquement positif.

À l’occasion du premier test, le fond d’investissement « Cherokee » a acheté la technologie[21], et embauché Andrea Rossi. Il signe des accords avec des Chinois pour un centre de transfert technologique[22] sur cette nouvelle énergie propre « Nickel Hydrogène ».

L’E-Cat n’est pas le seul sur ce marché naissant.

La société Defkalion green Technologies a tenté un accord avec Andrea Rossi vers 2011, puis à pris son indépendance laissant miroiter une technologie supérieure, ne laissant sortir qu’un petit rapport de test préliminaire. Finalement un partenaire italien a dénoncé cette compagnie pour l’avoir trompé sur un test public[23]. C’est un rappel que même si la fusion froide est réelle, toutes les entreprises ne sont pas honnêtes. C’est aussi la preuve que les chercheurs et entrepreneurs ne laissent pas passer les fraudes quand ils les voient. Cette société me laisse un goût amer, car j’ai eu la faiblesse de leur laisser le bénéfice du doute, trop longtemps.

Une autre société, Brillouin corporation, développe aussi un réacteur Nickel-Hydrogène. Ils visent la reprise de vielles centrales au charbon, et annoncent être financé par « Sunrise Securities » à hauteur de plusieurs millions, à la condition de livrer des prototypes de réacteurs, puis de centrales… Signe de sérieux ils travaillent avec des chercheurs du SRI, dont Mickael McKubre et Francis Tanzella.

Un inventeur plus controversé, Randell Mills de « Blacklight Power », sort régulièrement des annonces grandioses et quelques petits tests qu’il sait extrapoler avec talent. Il est bien financé depuis plus de 20 ans. Il propose une théorie physique absolument pas orthodoxe et cela ne me rassure pas, mais il a des tests tierce partie sur des puissances faibles. J’espère qu’il tiendra ses promesses, et même avec une théorie discutable, qu’il pourra livrer un réacteur viable.

Il y a aussi diverses petites start-up, plus ou moins discrètes, proposant une technologie de réacteur embryonnaire, des idées d’applications.

Étant francophone je me suis intéressé aux projets de LENR-Cars créé par le dynamique Nicolas Chauvin, un Suisse, qui propose à terme de développer un véhicule LENR. LENR-Invest propose lui entre Suisse et États-Unis de financer diverses initiatives.

Un projet prometteur à mon sens, est celui de LENR-Cities. L’entreprise propose une plate-forme rapprochant les intérêts des scientifiques, industriels et investisseurs intéressés par les LENR. Un projet entre économie de partage (comme BlablaCar ou AirBnb), et  « écosystème » associé à l’innovation et au développement de marché. Ici on ne cherche pas à échanger du transport ou du logement, mais à échanger pour chercher, financer, ou produire. Comme pour le covoiturage, la plate-forme, l’écosystème, apporte une forme de sécurité, de partage des risques et de mutualisation. La société est créée à Neuchâtel et quelques investisseurs, quelques entreprises, quelques chercheurs forment le cœur de l’écosystème. Une innovation disruptive comme les LENR exige de marier les intérêts des innovateurs et des acteurs établis, un exercice complexe expliquent-ils.[24].

Entre temps les agences européenne et américaines, comme les chercheurs japonais sont de moins en moins frileux. Ainsi un rapport sur les pistes de recherche en science des matériaux pour la Commission Européenne inclus un chapitre sur les LENR[25]. Le parlement européen a hébergé une discrète conférence de l’ENEA sur l’avancement de la recherche en fusion froide[26]. Après un rapport sur les avions « sans carbone » SUGAR, produit avec Boeing, comprenant une hypothèse LENR[27], la NASA a lancé un projet « seedling »[28] d’étude sur les avions LENR. Toyota a répliqué[29] l’expérience de Iwamura[30], faite à Mitsubishi, publié aussi dans le JJAP, journal japonais reconnus à comité de lecture.

La situation actuelle est très étrange, car si d’un côté la fusion froide n’existe pas pour le public, chez de plus en plus d’acteurs sérieux, certains employés y travaillent sans que l’information ne soit relayée hors d’un cercle d’internautes et des professionnels que personne ne considère. Le développement est pourtant une question de quelques années, ou trimestres.

L’impact de cette technologie est difficile à mesurer.

L’énergie est aujourd’hui 10 % du coût des produits, et les contraintes environnementales anti-carbone et anti-nucléaire actuelles ne laissent pratiquement d’autre perspective qu’une explosion de ce coût. La fusion froide semble pouvoir diviser ce coût par 10.

Cela semble un gain de productivité énorme, mais en fait c’est deux années de notre déficit français, ou moins de 2 ans de gain de productivité chinoise. Pourtant on peut espérer bien mieux parce que la fusion froide apporte bien plus qu’une énergie moins chère.

Le premier avantage est l’absence de pollution. Pas de CO2, pas de radioactivité, pas de fumée. L’avantage est donc autant dans la santé, dans les réductions de coût des mesures de protections, mais aussi dans la liberté d’utiliser l’énergie où l’on souhaite. La liberté n’est peut-être pas valorisée à son vrai prix, et les contraintes coûtent probablement bien plus que les 10 % imputés à l’énergie.

Un autre avantage est l’autonomie, car la densité énergétique des LENR est de l’ordre de celle du carburant nucléaire, donnant l’espoir d’avoir des autonomies en années et pas en heures. Cela a avant tout un avantage logistique, rendant le consommateur moins dépendant de la chaîne logistique, de son gouvernement, de la route, des bandits, ce qui améliorera la situation des pays où le gouvernement est faible ou corrompu. L’énergie pour le tiers-monde, les pays émergents sans infrastructure, deviendrais abordable.

Cela créera aussi des applications inimaginables, des drones de tous types, des machines autonomes.

Jed Rothwell dans un livre plus rationnel qu’on ne croit « Cold Fusion and the Future »[31] analyse que la fusion froide pourrait libérer la robotique de la question de l’autonomie et permettre aux ingénieurs de se focaliser sur l’intelligence artificielle. Pour lui une intelligence de poulet serait déjà d’une utilité inimaginable, car la conduite de véhicule, la garde d’enfant, le combat, sont à la portée d’un poulet.

Il voit aussi que les LENR permettrons aux voitures de circuler sous tunnels plus facilement, et pourraient libérer la surface de nos villes des voitures rapides. Les Google Cars n’existaient pas quand Jed a écrit son livre, et j’imagine facilement des « Google Cars » roulant dans nos villes à 40km/h en respectant nos enfants sans râler, et roulant à 150km/h en convois sur le périphérique ou dans les tunnels routiers peu coûteux, car non ventilés, maillant les banlieues ou centres-villes.

Les avions LENR n’auraient au début pas grand-chose de différent des avions électriques qu’on prépare déjà, mais l’autonomie de plusieurs mois laisse augurer d’un changement complet d’usage. L’autonomie sera limitée non par le besoin de remplir les réservoirs, mais par les maintenances. L’usage de drone volants devrait aussi se généraliser avec des autonomies en jours ou semaines, si ce n’est en mois si la fiabilité suit.

L’espace devrait profiter rapidement de cette technologie pour les sondes. Les générateurs radio-thermiques au plutonium 239 sont en cours d’obsolescence depuis la fin des tests nucléaires et on peut penser que la source énergétique des sondes et satellites sera désormais LENR. Pour la propulsion on peut penser à des générateurs ioniques ou, si son fonctionnement est confirmé, à l’EmDrive de Shawyer&al.

Le décollage des véhicules spatiaux pose plus de problème. On peut penser à utiliser le concept de fusée nucléaire thermique (NTR), éventuellement avec augmentation par oxygène liquide. L’idée est de réchauffer de l’hydrogène liquide et de l’éjecter, quitte au début à mélanger et enflammer avec de l’oxygène liquide. Un beau défi pour les ingénieurs.

On parle beaucoup de l’usage pour la désalinisation, enthousiastes ou pessimistes, mais l’usage pour la dépollution et le traitement des eaux serait une révolution dans tous les pays, riches ou pauvres. L’usage agricole, pour les serres, l’irrigation et le pompage, l’éclairage, pourrait révolutionner ce secteur. Difficile d’anticiper.

Dans un premier temps on peut penser que les LENR se contenterons comme l’E-Cat actuel de viser le marché de la chaleur industrielle et agricole. Rapidement je pense qu’on devrait évoluer vers la production d’électricité, le pompage, et l’alimentation des véhicules lourds et industriels, comme les cargos, les trains…

La voiture et les avions suivront bien plus lentement, car la fiabilité et la légèreté sont des points essentiels. Il y aura certainement des progrès en matière de turbines et convertisseurs thermoélectriques qui seront nécessaires.

Le chauffage individuel dépendra plus, comme l’automobile individuelle, de question de réglementation.

J’ai aussi espoir que les appareils électro-ménagers deviennent de plus en plus LENR. On peut facilement imaginer qu’un four, un réchaud, un fer à repasser contienne un petit réacteur LENR, puis éventuellement un convertisseur thermoélectrique pour le peu d’électricité nécessaire à son contrôle, en faisant un appareil autonome. Un réfrigérateur aussi, par le procédé de réfrigération par absorption, peut être alimenté par un réacteur LENR.

Une machine à laver, peut bénéficier d’un réacteur pour le chauffage de l’eau, mais peut aussi avec un convertisseur thermoélectrique ou une turbine, générer sa propre électricité et devenir autonome du réseau électrique.

À terme si les convertisseurs thermoélectriques et les réacteurs sont légers il est possible que certains appareils électroniques ou électriques bénéficient d’un réacteur. L’aspirateur est un cas assez simple, mais un ordinateur, une télévision, un téléphone sont des défis, quant à la densité du réacteur et du convertisseur mais aussi à l’évacuation de la chaleur.

Les LENR auront un impact énorme sur la structure du réseau électrique. Les opérateurs électriques actuels sont basés sur le besoin d’un réseau électrique et de grosses centrales. Le solaire et l’éolien changent un peu ce modèle, mais l’intermittence fait que le réseau est nécessaire comme le stockage et les centrales thermiques de secours. Les LENR permettent, plus encore que le nucléaire, une production selon les besoins, et une production éventuellement locale au quartier ou même au bâtiment.

Un premier usage des chaudières LENR sera de chauffer les bâtiments, ce qui devrait baisser la consommation de gaz et fioul, et même d’électricité. Mais assez rapidement des chaudières à cogénération voir tri-génération (avec froid en plus de chauffage et électricité) vont apparaître. La structure du réseau électrique changera, un peu comme pour ce qui est pressenti pour les énergies intermittentes, vers un réseau plus intelligent s’adaptant à la production des cogénérateurs. Le point fort est ici que les cogénérateurs pourraient collaborer pour compenser les pics de consommation, au lieu d’un délestage. Mais à mon avis assez rapidement la cogénération va évoluer vers une priorité au besoin électrique avec rejet de chaleur inutilisée. Déjà le rêve d’autonomie totale apparaît dans certaines cultures (américaines, australienne), alors que d’autres comme les Français rêvent d’un réseau intelligent de maisons qui s’organisent pour produire une électricité collaborative. Au final je pense qu’on aura une capacité de production d’électricité locale suffisante pour se passer de centrales électriques, sauf dans certaines usines ou industries.

Une grande inconnue sur la fusion froide est la réglementation qui lui sera imposée. On peut craindre que les lobbies du réseau électrique, des opérateurs d’énergies, les organisations politiques, s’unissent pour bloquer cette révolution technologique et défendre les rentes d’aujourd’hui. On peut espérer que la population refusera de se laisser manipuler par des intérêts qui ne sont pas les siens.

Au-delà de l’usage énergétique, certains comme les Japonais de Toyota et Mitsubishi, ou les anciens de l’US Navy SPAWAR (GEC, Global Energy Corporation) imaginent d’utiliser les LENR pour des transmutations de déchets radioactif. Iwamura a montré que les transmutations observées semblaient cibler des isotopes stables parmi les options possibles. GEC propose de ainsi un concept de réacteur hybride Fission/LENR « GeNiE », qui pourrait aussi être utilisé pour l’incinération de déchets radioactif, à la place des réacteurs à neutron rapides prévus actuellement.

Le démantèlement des centrales nucléaires, le traitement des déchets par des réacteurs LENR ou fission, sont un autre défit soulevé par les LENR. Nous vivons les dernières années de vies des réacteurs à fission classiques, et l’avenir de la fission est au démantèlement et à l’incinération des déchets à longue vie.

Au-delà de ces applications que nous pouvons facilement anticiper d’après les résultats actuels, densité d’énergie thermique et de puissance élevée, et transmutations, il est possible que les LENR ouvrent des portes insoupçonnées. Il est difficile d’anticiper ce qui peut émerger des LENR, car nous n’avons pas de théorie confirmée.

Par exemple si l’on considère la théorie de l’hydroton proposée par Edmund Storms dans son livre « The Explanation Of LENR[32] », on peut non seulement imaginer des transmutations contrôlées, mais aussi un contrôle du Laser rayon-X que serait l’hydroton, ou un usage du caractère supraconducteur de l’hydroton. Qui peut imaginer ce que les LENR vont amener comme technologie, si on compare à ce que la découverte du radium, du germanium, du transistor a apporté 50 ans après ?

Mais ce qui me laisse le plus d’espoir c’est que les LENR vont remonter le moral, redonner confiance en la science à la population, qui aujourd’hui ne voit souvent que les problèmes causés par la technologie, en oubliant ce qu’ils en utilisent. Cela va aussi pousser les entrepreneurs à innover, à revisiter les manières de faire d’aujourd’hui.

La plus grande révolution sera peut-être hors de l’énergie, et sans rapport apparent avec la fusion froide. J’entrevois des percées en robotique, en technologie spatiale, en urbanisme et agriculture, et pourquoi pas en politique.

Nassim Nicholas Taleb soutient que le futur est imprévisible en ce qu’il nous proposera de nouveau, mais que ce qui est le plus facile a prévoir est que les inventions récentes disparaîtrons probablement avant les plus anciennes, que la voiture disparaîtra avant la chaussure, le clavier avant le crayon. C’est « l’Effet Lindy ». Pour ce qui est des inventions nouvelles il n’est pas raisonnable de tenter de les prévoir, mais il est temps de les inventer.

 

Alain Coetmeur, alias AlainCo (@Alain_Co).

Qui suis-je ?

Depuis 25 ans je suis informaticien, entre cryptographie, calcul parallèle, architecture logicielle, d’un service de R&D à une cellule d’expert…

À titre bénévole, je suis le veilleur technologique de « LENR-Forum.com », le site créé par David Nygren. J’essaye de diffuser les informations, avec enthousiasme, et parfois de rapprocher les initiatives.

 


[1]     « Excess Heat » par Charles Beaudette, publié gracieusement sur Internet mais aussi vendu comme livre. Voir http://iccf9.global.tsinghua.edu.cn/lenr%20home%20page/acrobat/BeaudetteCexcessheat.pdf . Ce livre comme beaucoup d’autre sur ce sujet est vendu par Infinite Energy fondé par Eugène Mallove : http://www.infinite-energy.com/ .

[2]     « Fire from Ice » par Eugène Mallove. Voir http://www.amazon.fr/Fire-Ice-Searching-Behind-Fusion/dp/1892925028

[3]     The science of Low Energy Nuclear Reactions par Edmund Storms. Voir http://www.amazon.com/Science-Energy-Nuclear-Reaction-Comprehensive/dp/9812706208

[4]     Jean-Paul Biberian est l’éditeur du journal JCMNS lié à la conférence ICCF sur la fusion froide. Il est l’auteur d’un des rare livre en français, « La fusion dans tout ses états » http://www.editions-tredaniel.com/la-fusion-dans-tous-ses-etats-p-5204.html .

[5]     Un article de « review » dans Naturwissenschaften « Status of Cold Fusion (2010) » qui est un bon point de départ : http://lenr-canr.org/acrobat/StormsEstatusofcoa.pdf

[6]     « Cold Fusion, an Objective Assessment » par Edmund Storms http://www.lenr-canr.org/acrobat/StormsEcoldfusiond.pdf

[7]     « What condition are required to initiate the LENR effect » :http://www.lenr-canr.org/acrobat/StormsEwhatcondit.pdf

[8]     Son guide pour étudiant pourrait intéresser des scientifiques intéressés, mais peu au fait du sujet: http://lenr-canr.org/acrobat/StormsEastudentsg.pdf

[9]     Edmund Storms a juste publié un livre comprenant en plus de sa théorie, une revue complète des résultats expérimentaux et des théories : « The Explanation of Low Energy Nuclear Reaction ». On trouve une version rapide de sa théorie dans ce petit article présenté à l’ICCF18 http://lenr-canr.org/acrobat/StormsEexplaining.pdf . Son livre est assez critique envers toutes les théories, et plus qu’une théorie son livre propose une méthode conservatrice pour rejeter les explications « impossibles » qui violent les lois de la physique.

[10]   Lire le papier de  Longchampt, Bonnetain et Hicter : http://www.lenr-canr.org/acrobat/LonchamptGreproducti.pdf . On est loin des calorimètres développés à la va-vite par les équipes du MIT et de Caltech, comparé ici par Melvin Miles : http://newenergytimes.com/v2/conferences/2012/ICCF17/papers/Miles-Examples-of-Isoperibolic-Slides-ICCF-17.pdf 

[11]   Jed Rothwell dans cet article compare les mythe entourant la tragédie du Titanic, et ceux de la Fusion froide, décrivant la malhonêteté de Georges Morrison et le soutiens des « autorités » scientifiques à des livres erronés :http://www.lenr-canr.org/acrobat/RothwellJcoldfusion.pdf

[12]   Jed Rothwell dans cet article compare les mythe entourant la tragédie du Titanic, et ceux de la Fusion froide, décrivant la malhonêteté de Georges Morrison et le soutiens des « autorités » scientifiques à des livres erronés :http://www.lenr-canr.org/acrobat/RothwellJcoldfusion.pdf

[13]   Ses travaux sont bien résumés dans « Groupthink : Collective Delusion In Organizations And Markets » http://www.princeton.edu/~rbenabou/papers/Groupthink%20IOM%202012_07_02%20BW.pdf . Son modèle explique que des acteurs rationnels devienne capable d’ignorer la réalité et de terroriser les dissidents lorsqu’ils comprennent que les autres membres partageant l’illusion collective vont les punir et qu’ils ne tireront rien de bon à voir la réalité. La violence envers les dissidents, le déni des faits, augmentant avec l’abondance de preuves irréfutables et l’amplitude des effets négatifs sur le groupe.

[14]   L’œuvre centrale de Thomas Kuhn est « Structure of Scientific Revolution » bien résumé en français ici http://mip-ms.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295877018064 ou en anglais ici http://www.uky.edu/~eushe2/Pajares/Kuhn.html . Un point clé de son modèles est que les anomalies, aussi solidement prouvées soient elles, seront ignorées tant qu’il n’y a pas de théories complète du phénomène. L’absence de théorie de la fusion froide est donc la cause essentielle de son rejet.

[15]   En 1905 Scientific American se moquait des frères Wright http://invention.psychology.msstate.edu/inventors/i/Wrights/library/WrightSiAm1.html , tout comme le New York Times de la fusée de Goddard en 1919 http://astronauticsnow.com/history/goddard/index.html pour ne s’excuser que en 1969. Jed Rothwell a publié un article comparant la saga des frères Wright et la fusion froide http://lenr-canr.org/acrobat/RothwellJthewrightb.pdf

[16]   « An Impossible Invention » par Mats Lewans, journaliste à NyTeknik ; Voir http://animpossibleinvention.com/

[17]   Elforsk, description en anglais: http://elforsk.se/In-English1/

[18]   «Indication of anomalous heat energy production in a reactor device containing hydrogen loaded nickel powder.» http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1305/1305.3913.pdf

[20]   « E-cat World : report watch thread» http://www.e-catworld.com/2014/07/19/e-cat-report-watch-thread/

[21]   Annonce par le fond Cherokee de ce rachat http://www.prnewswire.com/news-releases/industrial-heat-has-acquired-andrea-rossis-e-cat-technology-241853361.html pour 13 millions de $ après un test par ses propres équipes.

[23]   A propos du rapport de Luca Gamberale dénonçant l’erreur de mesure du flux d’eau durant la démonstration faites à lui et à l’ICCF18 http://animpossibleinvention.com/2014/05/12/defkalion-demo-proven-not-to-be-reliable/

[25]   « Forward looking workshop on Materials for Emerging Energy Technologies » http://ec.europa.eu/research/industrial_technologies/pdf/emerging-materials-report_en.pdf

[26]   « New advancements on the Fleischmann-Pons Effect: paving the way for a potential new clean renewable energy source? » http://www.enea.it/it/Ufficio-Bruxelles/news/new-advancements-on-the-fleischmann-pons-effect-paving-the-way-for-a-potential-new-clean-renewable-energy-source/

[27]   « Subsonic Ultra Green Aircraft Research – Phase II: N+4 Advanced Concept Development » http://ntrs.nasa.gov/archive/nasa/casi.ntrs.nasa.gov/20120009038.pdf

[28]   « Low Energy Nuclear Reaction Aircraft – NASA Aeronautics Research Mission Directorate (ARMD) – 2014  »  http://nari.arc.nasa.gov/sites/default/files/SeedlingWELLS.pdf

[29]   « Inductively Coupled Plasma Mass Spectrometry Study on the Increase in the Amount of Pr Atoms for Cs-Ion-Implanted Pd/CaO Multilayer Complex with Deuterium Permeation » par Takahshi&al http://jjap.jsap.jp/link?JJAP/52/107301/

[30]   « Elemental Analysis of Pd Complexes: Effects of D2 Gas Permeation » par Iwamura&al http://jjap.jsap.jp/link?JJAP/41/4642/

[31]   « Cold Fusion and the Future » http://lenr-canr.org/acrobat/RothwellJcoldfusiona.pdf

[32]   Edmund Storms a juste publié un livre comprenant en plus de sa théorie, une revue complète des résultats expérimentaux et des théories : « The Explanation of Low Energy Nuclear Reaction ». On trouve une version rapide de sa théorie dans ce petit article présenté à l’ICCF18 http://lenr-canr.org/acrobat/StormsEexplaining.pdf . Son livre est assez critique envers toutes les théories, et plus qu’une théorie son livre propose une méthode conservatrice pour rejeter les explications « impossibles » qui violent les lois de la physique.







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