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Carte blanche à Jean-Paul Biberian, spécialiste de la fusion froide sur : « L’énergie nucléaire et la fusion froide »

25072013
Carte blanche à Jean-Paul Biberian, spécialiste de la fusion froide sur :

Jean-Paul Biberian

 

L’énergie nucléaire possède un certain nombre d’avantages par rapport aux autres sources d’énergie: elle est très concentrée, utilise très peu de combustible, ne produit pas de gaz à effet de serre. En plus elle assure une certaine indépendance énergétique, et un coût de la production d’électricité plus bas que les autres sources d’énergie. Bien que l’uranium soit une ressource limitée, avec les surgénérateurs c’est-à-dire des réacteurs de quatrième génération du type de Super Phénix, la quantité de combustible est multipliée par 1000 ! Il y a donc des ressources pour des milliers d’années.

Cependant, cette description idyllique cache de graves problèmes. Tout d’abord, celui des déchets nucléaires dont on ne sait que faire. Personne n’a envie de les entreposer dans son jardin. Il existe peut-être des solutions, mais aucun scientifique ne peut garantir qu’il n’y aura pas de fuite dans un délai beaucoup plus court que prévu, entraînant des coûts extrêmement élevés. Les accidents de Tchernobyl  puis de Fukushima ont montré que les centrales nucléaires ne peuvent pas être totalement sûres. Les dégâts résultants de ces catastrophes sont inacceptables par les populations concernées. Même s’il n’y a pas beaucoup de morts dans l’immédiat, nul ne sait exactement combien vont souffrir des séquelles des radiations dans les décennies qui suivent. En plus des morts, ce sont les rescapés qui sont les plus atteins. Ils auront perdu leur domicile, leur mode de vie, et se retrouveront déplacés, traumatisés, et peut être malades. Au Japon, ils sont mis à l’index, car ils font courir le risque de malformations de leurs futurs enfants. Que ce soit vrai ou faux ne change rien à la situation, car c’est l’effet psychologique qui compte. Les radiations ne se voient pas et n’ont pas d’odeur, elles font donc peur. Plus on essaie de tranquilliser les gens, plus cela renforce la notion qu’il y a réellement un danger. Un autre risque est celui des attentats possibles. Après la destruction des tours jumelles de New York en 2001, toutes les situations sont envisageables. Les centrales nucléaires actuellement en fonctionnement ne sont pas protégées contre des attaques aériennes avec des avions commerciaux. Par ailleurs, l’accident de Fukushima a montré que non seulement les centrales nucléaires sont dangereuses, mais aussi les piscines de stockage des combustibles, moins bien protégées que les réacteurs eux-mêmes.

L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un leurre puisque notre uranium provient en totalité de l’étranger, en particulier du Niger, où des troupes françaises sont présentes pour protéger les mines. Celles-ci ne sont pas sans danger pour les populations locales qui y travaillent soumises à des poussières radioactives. Nul ne sait vraiment ce qui leur arrivera dans les décennies à venir. Si un jour le parc nucléaire français est équipé de surgénérateurs, alors nous n’aurons plus besoin de nouvelles ressources d’uranium, mais nous en sommes encore très loin.

Il n’est pas possible d’installer des centrales nucléaires partout sur la terre. Dans de nombreux endroits, cela est impossible. Par exemple, dans des îles à cause du risque qu’encourt la population en cas d’accident, n’ayant pas d’échappatoire possible. Dans certaines régions soumises à des risques importants de catastrophes naturelles, comme les tremblements de terre. Dans les pays en guerre, où avec un risque important de guerre. Ce n’est donc pas une énergie généralisable. L’industrie nucléaire est différente des autres formes industrielles. En cas d’urgence, on ne peut pas fermer une centrale et la quitter en fermant la porte. A Fukushima, il a fallu obliger le personnel à rester dans la centrale pour gérer au mieux la situation. A Tchernobyl, des milliers de liquidateurs ont été sacrifiés pour limiter les dégâts.

Le stockage des déchets nucléaires est un problème que très peu de pays ont résolu jusqu’à présent. Un pays comme la France qui a des compétences, et beaucoup de déchets à traiter et à conditionner a probablement les moyens de le faire. Qu’en est-il des autres pays? Il semble que l’avenir se dessine différemment. Par exemple, en Turquie un projet de construction d’une centrale par un groupe Russe appartiendrait à ce dernier, les combustibles, et leur retraitement seraient faits en Russie. La solution consisterait donc pour certains pays d’héberger une centrale appartenant à un pays fournisseur qui vendrait l’électricité, mais qui fournirait les combustibles et récupèrerait les déchets. La loi française interdit à la France de conserver les déchets des pays tiers. Il faudrait changer la loi française pour que cela soit possible chez nous.

Une énergie qui n’est pas généralisable ne peut pas avoir un avenir durable. Les pays qui n’auront pas de nucléaire vont trouver des solutions alternatives. Le japon avait 52 centrales en activité a continué à fonctionner après quelques mois sans aucune centrale nucléaire. Il est donc faux de dire que cela est impossible. Nous voyons que l’Allemagne est en train de résoudre sa sortie du nucléaire. Évidemment cela coûte cher pour le moment, mais c’est un investissement d’avenir, qui rapportera plus tard, car l’industrie du renouvelable en Allemagne est en train de se développer, et sera très performante dans quelques années.

Le nucléaire est une énergie très centralisée, à contresens de la tendance actuelle dans la société avec la mise en réseau des moyens dont l’exemple le plus symptomatique est internet. Ce ne sera pas la première fois qu’une technologie disparaît au bout d’un temps assez court. Le télégraphe de Chappe a fonctionné pendant un demi-siècle avant d’être remplacé par le télégraphe électrique plus rapide, et moins cher. Le Minitel a vécu une vingtaine d’années avant d’être supplanté par internet. L’histoire est remplie de technologies qui ont vécu un certain temps puis ont disparu à cause de nouvelles découvertes. Il est probable que l’industrie nucléaire disparaîtra de la même manière.

La technologie avance vite, et nous surprend fréquemment. Notre technologie actuelle fonctionne à partir de théories qui ont moins de cent ans. Or nous savons que la science n’est jamais achevée, et que des nouveautés peuvent apparaître sans préavis. Deux pistes sont étudiées marginalement en ce moment dans le monde: d’une part les moteurs à énergie libre, c’est-à-dire le mouvement perpétuel à partir principalement de moteurs à aimants permanents. N’ayant pas d’expérience directe de ce sujet, je ne m’étendrai pas sur ce thème. D’autre part la fusion froide. Depuis plus de vingt ans je travaille dans ce domaine qui permettra de produire de l’énergie de manière propre grâce à la fusion de noyaux de deutérium ou d’hydrogène dans un métal: le palladium ou le nickel. Cette découverte annoncée en 1989 par les professeurs Stanley Pons de l’université de l’Utah aux Etats-Unis et Martin Fleischman de l’université de Southampton en Grande-Bretagne a été violemment rejetée par la communauté scientifique. Néanmoins, plusieurs centaines de chercheurs de part le monde travaillent activement sur ce sujet. Les progrès sont importants, et plusieurs sociétés sont sur la piste de l’industrialisation du procédé. La fusion froide est une énergie délocalisée qui peut résoudre une grande part de nos besoins énergétiques. Malheureusement, les financements officiels sont extrêmement limités, et absolument nuls en France.

La fusion froide a les caractéristiques demandées pour une énergie propre et décentralisée: pas de déchets dangereux, pas de rayonnements, pas de gaz à effet de serre, et de taille très variable permettant la mise en réseau. La fusion froide est probablement une ressource pour l’avenir.

Au mois de juillet de cette année aura lieu à l’université du Missouri à Columbia la 18ème conférence internationale sur la fusion froide. Cette conférence réunira près de 200 chercheurs provenant d’une vingtaine de pays pour faire le point sur les dernières avancées scientifiques et technologiques.

Jean-Paul Biberian

ENSEM de Nancy spécialisé en électronique et physique nucléaire (1969),

Docteur-Ingénieur en Physique de l’Université AIx-Marseille (1971)

Docteur es-science de l’Université Paris VI (1975),

Maître de Conférences  de Physique de l’Université Aix-Marseille (retraité depuis 2012)

Spécialiste de l’étude des surfaces des matériaux, et de la fusion froide







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